L’encens japonais ne se résume pas à un parfum destiné à embaumer une pièce. Présent au Japon depuis plus d’un millénaire, il est lié à l’histoire du bouddhisme, à la cour impériale, aux arts traditionnels et à une manière particulière d’apprécier les parfums qui donnera naissance au Kodo, la « voie de l’encens ».
Des bois précieux comme le santal et le bois d’agar aux fins bâtonnets utilisés aujourd’hui, l’encens occupe ainsi une place particulière dans la culture japonaise. Découvrons son histoire et les principales caractéristiques de cette tradition olfactive.
L’histoire de l’encens au Japon est étroitement liée à l’introduction et au développement du bouddhisme. Les matières aromatiques étaient notamment brûlées dans le cadre de pratiques religieuses avant que leur utilisation ne s’étende progressivement à d’autres usages.
Au VIIIe siècle, les échanges avec la Chine des Tang participent au développement de cette culture. Le moine bouddhiste Ganjin, arrivé au Japon en 754, est notamment associé à l’introduction de techniques liées aux encens médicinaux et aux mélanges parfumés appelés nerikō.
Au fil du temps, l’encens cesse donc d’être uniquement associé aux pratiques religieuses. Les parfums commencent également à être appréciés pour eux-mêmes.
Durant l’époque de Heian, entre la fin du VIIIe et le XIIe siècle, l’appréciation des parfums prend une dimension particulièrement raffinée au sein de l’aristocratie japonaise.
Les membres de la cour élaboraient leurs propres mélanges parfumés, appelés notamment takimono. Les compositions pouvaient varier selon les saisons, les occasions ou l’atmosphère recherchée.
L’encens servait également à parfumer les vêtements ou certaines pièces de la demeure. Des jeux autour des parfums se développèrent progressivement, témoignant de l’importance croissante accordée à la capacité d’identifier, de comparer et d’apprécier les différentes compositions.
Cette recherche esthétique autour des senteurs constitue l’une des étapes qui conduiront plusieurs siècles plus tard à la formalisation du Kodo.
Le Kodo, ou kōdō, signifie littéralement « voie de l’encens ». Il s’agit d’un art traditionnel japonais consacré à l’appréciation des matières parfumées et des senteurs.
Sa formalisation se développe notamment vers la fin de l’époque de Muromachi, puis se poursuit durant l’époque d’Edo. Le Kodo rejoint alors l’univers des arts traditionnels japonais codifiés.
Dans la tradition japonaise de l’encens, on rencontre l’expression monkō, qui peut être comprise comme le fait d’« écouter l’encens » ou d’« écouter le parfum ».
Cette expression traduit une approche différente de la simple diffusion d’une odeur dans une pièce. L’attention est portée sur les nuances de la matière parfumée, son évolution et les sensations qu’elle évoque.
Le parfum devient ainsi un objet d’attention et d’appréciation, au même titre que d’autres formes artistiques japonaises liées à la contemplation et aux saisons.
La fabrication de l’encens japonais peut faire appel à différentes matières aromatiques. Leur composition varie fortement selon les maisons, les gammes et le type d’encens.
Le santal est l’une des matières traditionnellement associées à l’encens. Son parfum boisé et chaleureux entre dans de nombreuses compositions et constitue souvent une première approche accessible de l’univers des bois aromatiques.
Le bois d’agar, également appelé agarwood et associé au terme japonais jinkō, occupe une place particulière dans la culture de l’encens. Certaines qualités de bois d’agar sont particulièrement recherchées pour la complexité de leur profil aromatique.
Les encens japonais contemporains ne se limitent pas aux bois traditionnels. Selon les références, les compositions peuvent évoquer le sakura, la rose, l’iris, le lotus, la lavande, le thé matcha, la cannelle ou encore différentes plantes.
Cette diversité explique la grande variété d’encens japonais que l’on peut aujourd’hui découvrir.
De nombreux bâtonnets d’encens japonais se présentent sous une forme fine et ne possèdent pas de tige centrale en bambou. La matière parfumée constitue alors directement le bâtonnet qui se consume.
Il existe toutefois de nombreuses méthodes de fabrication et compositions différentes. Il serait donc incorrect de considérer tous les encens japonais comme identiques ou d’attribuer les mêmes caractéristiques à toutes les gammes.
La durée de combustion, la quantité de fumée et l’intensité du parfum peuvent notamment varier selon la référence choisie.
Modern and Past propose notamment des encens provenant de deux maisons japonaises possédant chacune leur propre histoire : Nippon Kodo et Shoyeido.
Le savoir-faire auquel se rattache Nippon Kodo remonte à plus de quatre siècles. La maison propose aujourd’hui différentes collections aux profils olfactifs très variés.
Chez Modern and Past, cette sélection comprend notamment la collection Koh Do de Nippon Kodo, ainsi que des références Naturense, Herb & Earth, Morning Star et d’autres compositions.
Shoyeido est une maison de Kyoto dont l’histoire remonte au début du XVIIIe siècle. Son histoire officielle situe ses origines autour de 1705 et son savoir-faire s’est transmis au fil de plusieurs générations.
Vous pouvez découvrir notre sélection d’encens japonais Shoyeido, avec différentes compositions inspirées de l’univers de Kyoto.
L’utilisation d’un bâtonnet reste simple. Placez-le dans un porte-encens japonais adapté permettant de le maintenir correctement et de recueillir les cendres.
Allumez l’extrémité du bâtonnet, laissez apparaître la flamme quelques instants puis soufflez doucement afin que l’encens continue à se consumer.
Le support doit toujours être installé sur une surface stable et résistante à la chaleur, à distance des matières inflammables. Un encens allumé ne doit jamais être laissé sans surveillance et il est recommandé d’aérer régulièrement la pièce.
L’utilisation moderne de l’encens japonais est naturellement différente des pratiques codifiées du Kodo. Les bâtonnets proposés aujourd’hui permettent avant tout de découvrir différentes compositions parfumées et d’intégrer facilement l’encens dans un intérieur.
Connaître son histoire permet cependant de mieux comprendre pourquoi le Japon a développé une culture du parfum aussi particulière, dans laquelle les matières aromatiques, les saisons et l’attention portée aux nuances occupent une place importante.
Pour découvrir les différentes maisons, senteurs et accessoires proposés par Modern and Past, retrouvez notre univers encens japonais et accessoires.